La face cachée de Margo - John GREEN

La face cachée de Margo - John GREEN








Titre : La face cachée de Margo
Auteur : John GREEN
385 pages
Edition : Gallimard
Collection : Scripto
Parution : Août 2014
Prix : 15.90 €







Quatrième de couverture : Mar-go-Roth-Spie-gel-man, le nom aux six syllabes qui fait fantasmer Quentin depuis toujours. Alors forcément, quand elle s'introduit dans sa chambre, une nuit, par la fenêtre ouverte, pour l'entraîner dans une expédition vengeresse, il la suit. Mais au lendemain de leur folle nuit blanche, Margo n'apparaît pas au lycée. Elle a disparu. Quentin saura-t-il décrypter les indices qu'elle lui a laissés pour la retrouver ? Plus il s'en approche, plus Margo semble lui échapper...


Mon avis : Dès le début, l’action monte rapidement, Margo débarque dans la chambre de Quentin en plein milieu de la nuit et l’entraine dans une expédition vengeresse mais elle disparaît subitement le lendemain. Margo étant une habituée des fugues de quelques jours, Quentin est persuadé qu’elle va revenir. Mais les jours passent et elle ne rentre pas. Quentin décide de la chercher et trouve des indices. A plusieurs reprises, Quentin pense que Margo est morte, qu’elle se serait suicidée mais il parvient tout de même à garder espoir grâce au soutient de ces amis Ben, Radar et Lacey.
Cette amitié qui lui permet de ne pas perdre pied et de continuer à avancer dans ces recherches est pourtant remise en question après une dispute. Mais les trois protagonistes parviennent à surmonter leurs différents grâce à Radar. "Tu attends toujours des autres qu'ils ne soient pas eux-mêmes. [...] Je suis parfois trop absorbé par le référencement d'un site Internet pour répondre au téléphone à mes amis ou à ma copine? Et alors, moi, c'est moi. Tu m'apprécie quand même et c'est réciproque. [...] Il faut cesser de vouloir que Ben soit comme toi et pareil pour lui : il doit te prendre comme tu es."
Mais cette disparition n’a pas que des aspects négatifs. Elle permet à Ben de pouvoir enfin adresser la parole à Lacey, fille populaire du lycée, alors qu’il pensait que c’était impossible. Il découvre alors une personne différente de ce qu’il avait imaginé et apprend à aimer quelqu’un qui ne connaît pas. "Essaie de ne pas oublier qu'il arrive parfois que l'idée qu'on se fait des gens ne corresponde pas forcément à ce qu'ils sont réellement. [...] C'est toujours plus facile d'aimer les gens de loin. Quand elle a cessé d'être cette chose incroyablement inaccessible et qu'elle est devenue une fille normale avec des relation étrange à la bouffe, des sautes d'humeur et une tendance à l'autoritarisme, j'ai dû me mettre à aimer quelqu'un de radicalement différent, au fond. ". Ce roman nous amène à nous questionner sur ce que l’on pense des autres, sur l’image que l’on se fait d’eux. Car, peut importe qui nous sommes, nous avons tous déjà imaginé et créé une personnalité à quelqu’un que l’on ne connaît pas, simplement sur ce à quoi elle ressemble ou bien à l’aide des quelques faits que nous connaissons d’elle. "Au final, il en révèle bien plus sur la personne qui imagine que sur celle à propos de laquelle on gamberge."  Finalement nous ne connaissons jamais vraiment quelqu’un et c’est exactement ce que l’auteur, John Green, tente de nous faire comprendre.
Les deux personnages principaux ont un caractère opposé. Margo incarne la complexité de l’âme. Elle est mystérieuse et personne ne sais qui elle est, pas même sa famille. Tandis que Quentin est un garçon plus simple qui n’aspire qu’à grandir, faire ses études, avoir un job, une famille… Cependant, il réalise qu’il est capable de réaliser un grand nombre de chose, beaucoup plus qu’il n’aurait pu imaginer. Ces personnages complexes nous mènent à la réflexion. Que sait-on vraiment de l’autre et de nous même ?
Ce roman est divisé en trois parties inégales. Les cordes qui correspondent à la nuit de vengeance. L’herbe, qui coïncide avec les recherches de Quentin, et enfin le vaisseau, qui matérialise le road trip dans lequel s’engage la troupe d’ami afin de retrouver Margo. Chacune de ces parties portent un nom bien particulier car toutes se réfère à une métaphore de la vie évoquée dans le roman. "Peut-être que ce sont les cordes qui cassent ou le bateau qui sombre, à moins qu'on ne soit de l'herbe aux racines si interdépendantes  des autres qu'aucune ne meurt tant qu'une seule est vivante. Les métaphores ne manquent pas. Mais il faut se montrer prudent dans le choix des métaphores, car elles ne sont pas anodines. [...] Les métaphores sont lourdes de sens.
Les cordes. Ce sont elles qui nous maintiennent en vie. Lorsqu’elles se rompent, nous sommes au plus profond du trou. "Mais les cordes font apparaître la souffrance plus fatale qu'elle ne l'est vraiment." L’herbe. Elle représente nos racines emmêlées et communes qui pourraient nous permettre d’imaginer n'importe qui. Ce sont aussi pour certains, les cheveux des tombes, car les racines nous relies tous. "Elle m'a aidée à t'imaginer comme une personne réelle. [...]On imagine assez bien l'autre, mais jamais à la perfection." Le vaisseau, ici, nous sommes tous un bateau. Et des choses se produisent, l’amour, la mort, l’amitié. A l’instar des villes de papiers (ou pseudotissements) on commence à se fissurer par endroits. Et par ces fentes, on voit à l’extérieur mais aussi à l’intérieur des autres fissurés aussi. Et c’est ici que l’on rejoint l’idée que l’on ne connaît pas vraiment les autres. "Quand s'est-on vu face à face ? Pas tant que tu n'as pas glissé ton regard dans mes fentes et moi le mien par les tiennes."
Nous avons donc affaires à un roman lourd de sens et de signification qui nous questionne sur ce que l’on sait réellement des autres et de soi-même. Emouvant et passionnant, roman à dévorer !

Adaptation : Un film est prévu en salle pour Août 2015 réalisé par Jake Schreier.


5/5

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